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Un regard entrepreneurial (6) : Sylvain Verdier

19/04/2009

Comment avez-vous rejoint le projet DOYOUvelo ?
Je connais Jean-Luc depuis environ 20 ans. Nous étions collègues entre 1988 et 1998, puis nos chemins se sont séparés. En 2007, Jean-Luc m’a contacté pour conseiller l’un de ses amis, parmi les quatre partenaires initiaux du projet. Il m’évoque aussi leur idée de casque pour les Vélibistes.

Nous sommes en automne 2007 lorsque je les accompagne à la création de la société Citizen, une société dédiée au projet de casque.

A partir de novembre 2007, outre la création administrative de cette société, je participe aux études du marché. Rapidement, les quatre amis passent un accord avec l’Ecole Nationale Supérieure de Conception Industrielle (ENSCI). Nous allons rue Saint-Sabin tous les dix jours environ suivre le projet des groupes d’étudiants, on avance bien. Notre projet s’insère entre les deux semestres des étudiants et vient dans le fil conducteur d’un semestre dédié à la recherche sur le vélo. Certains avaient réalisé un vélo en bois, une vraie prouesse.

Quelles sont les axes et conclusions de l’étude que vous menez ?
L’étude est dirigée à la fois pour bien observer ce marché et comprendre les attentes et les usages des vélibistes, et plus généralement des gens qui se déplacent en vélo en ville.

Cette étude est aussi un support pour bâtir notre demande de financement auprès d’Oséo. Il en ressort que les gens interrogés ne veulent pas de casque pour pratiquer le vélo ! Le vélo représente pour eux la liberté, alors pourquoi s’équiper d’un casque ? Nous avions bien pensé à un casque pliage ou gonflable, mais tous ces équipements levaient des réticences. Les utilisateurs de Vélib sont des gens assez libertaires. Selon eux, il n’est pas question de s’équiper pour ressembler à un cycliste. Ils avaient déjà un sentiment de protection et de sécurité sur le Vélib. En revanche, il ressortait dans les interviews l’idée d’être visible dès la nuit tombante. Nous en concluons à l’attente de protection passive qui offre de la visibilité surtout la nuit.

Comment intégrez-vous cette idée au projet des étudiants ?
Tout d’abord, il y a le facteur réglementaire : le port du gilet est depuis obligatoire, comme pour les automobilistes. Certains urbains en vélo portent le gilet jaune toute la journée.

Ensuite, il y a les travaux des étudiants, que nous orientons dans cette idée de protection et de visibilité. A ce stade, nous abandonnons l’idée de développer un casque, qui représente un projet complexe pour répondre parfaitement aux normes de prévention routière et, qui n’est pas une attente des vélibistes.

Le chef de projet, Christophe Gaubert, avait constitué quatre groupes de travail, dont un étudiant chinois qui avait une excellente connaissance des déplacements en vélo – il vivait jusqu’alors à Shanghai, où des millions de gens se déplacent en vélo.

Quelles sont les idées des étudiants qui ont retenu votre attention ?
Je pense que tous les étudiants ont mené une réflexion de qualité, très créative. Deux sujets ont retenu notre attention :

  • Un instrument à vent, qui produit de plus en plus de bruit avec la vitesse de déplacement. Cette idée de l’étudiant chinois apporte une dimension sonore et développement durable. Nous n’avons pas encore développé ce projet, qui demande des compétences technologiques différentes du coeur de projet.
  • La création d’une réponse globale. Le groupe composé de Yoann, Clément et Olivier nous a vraiment challengé, dans la mesure où il apportait des éléments de réponse en terme de visibilité, de produits innovants et de développement durable. Ils ont, par exemple, proposé un casque inspiré du casque colonial réalisé à base de bambou.

La proposition des étudiants nous a fait rebondir du casque vers une gamme de vêtements et accessoires pour mobiles urbains.

A ce stade du projet, nous évoquions l’idée de reverser une partie des bénéfices à des associations liées au développement durable. Mais nous avons dû revoir le cahier des charges des matières en raison de l’application de la Norme CE EN471 Classe 2, qui offre certes des réponses de visibilité efficaces, mais qui n’intègre pas encore ces nouvelles matières.

Quel est l’apport de l’ENSCI dans le projet ?
Le filtre de l’Ecole a réellement infléchi le projet.

A ce stade, il s’agissait de se lancer vraiment : effet, nous avions entre les mains un concept global très créatif, le financement d’Oséo, l’agence design 180 degrés nous avait proposé des noms intéressants parmi lesquels DOYOUvelo ? et la styliste Mireille Poujol, qui dirige actuellement la collection, rejoignait l’équipe.

Deux des quatre amis, Jean-Luc et Guillaume, ont pris alors la décision de se lancer et de créer une nouvelle société BOO STYLE, en écho au projet « bambou » des étudiants.

Comment imaginez-vous l’évolution du projet DOYOUvelo?
Nous sommes grâce à l’expérience Santé et NTIC (Nouvelle Technique de Communication et d’Information) de Jean-Luc sur une offre de vêtements intelligents. Jean-Luc connaît bien les usages, par ailleurs, il est toujours en veille des innovations.

La prochaine ligne intégrera beaucoup plus de fonctionnalités liées à la mobilité.

Une évolution est en marche : le vêtement devient vraiment une seconde peau communicante. L’évolution des modes de déplacement va tout changer : ce que nous transportions jusqu’alors dans nos véhicules à porté de main, nous allons le transporter avec nous, sur nous. Je pense par exemple à la radio, au gps, au téléphone… il s’agira de transporter ces services 16 heures sur 24. On se doit d’apporter des réponses et de les intégrer aux vêtements.

Quelle est votre valeur ajoutée maintenant que la Marque est lancée ?
Depuis le début du projet, je suis motivé par la problématique de déplacements urbains qu’il pose.

En effet, mon premier job consistait à étudier le schéma urbain des déplacements en IDF. Le déplacement urbain, c’est mon dada. Dans le projet, j’ai commencé par étudier les déplacements urbains, puis je me suis chargée de la recherche de fonds pour couvrir tous les investissements du développement. Actuellement, j’organise la logistique de distribution, le site ecommerce, le stockage. Les partenaires sont identifiés.

Votre mot de la fin ?
Ce n’est que le début de l’aventure !

L'équipe DYV, Sécurité en ville, Velib, Voir et être vu. , , , , , ,