Un regard entrepreneurial (2) : Annick Cousseau
Propos recueillis dans le cadre du salon « Made in France » au Carrousel du Louvre jeudi 26 mars 2009.
Pourriez-vous me parler de votre métier ?
CSV est une entreprise familiale fondée en 1953 par les parents de Joël, mon mari. Nous fabriquons depuis essentiellement des vêtements militaires ou de chasse, et justifions d’un savoir-faire dans les finitions, ce qui justifie notre présence au Salon Made In France.
Nous concevons les produits dans le bureau d’études, qui comprend dix personnes, en collaboration avec les stylistes et les marques et nous maîtrisons la production de ces produits. Les produits Do You Vélo ? est à cet égard très bien pensé, bien taillé.
Comment se passe la collaboration avec les marques ?
Il y a de tout et surtout du n’importe quoi. Si je prends le cas des vêtements militaires ou des marques comme Moncler, les administrations ou le style de la marque apportent des idées, des dessins, ou des images de la veille concurrentielle ; sur ces bases, nous apportons des suggestions de fabrication, de détails, liés à notre expérience pour la Défense ou pour l’ONC (Office National de la Chasse).
Comment rencontrez-vous Do You Vélo ?
Eric Lucas est venu visiter l’entreprise en Vendée. Il désirait voir l’outil de production, le bureau d’études. Il avait notre plaquette depuis le salon FATEX. D’entrée, il m’a annoncé : « Je ne suis pas de la profession, je découvre ».
Il me dit très peu du projet, mais son approche me dit que c’est un projet qui a du sens, il parle d’usages, de technicité, de détails qui feront la différence et de quête de qualité dans les finitions.
Nous visitons l’usine, le courant passe. A son départ, je ne connais toujours pas le produit, ni la marque, ni le nom du Pdg ou du financier, et pourtant je me dis, « celui-là, c’est un bon projet, on va mettre le paquet ».
Quel est alors le facteur déclencheur ?
La rencontre avec Mireille (Mireille Poujol, ndlr), la styliste, est décisive. Elle me présente un dossier bien ficelé, toutes les questions ont été posées en amont, on sent qu’elle maîtrise, elle est très senior, et qu’elle vit son projet.
Nous mettons au point les coupes, les finitions, l’usage du vêtement. Je motive le bureau d’études en interne, j’y crois ! Toute la collection est mise au point en à peine deux mois. Ce qui est assez rare. C’est agréable de voir qu’il y a encore des compétences dans ce métier.
Quelle suite envisagez-vous pour ce projet ?
Nous sommes partants pour la ligne 2 !
Au fil du projet, nous avons compris que nous partageons une vision commune, nous cultivons le sens des détails, des valeurs de qualité, de performances techniques et humaines. Quelques mots suffisent à échanger sur des besoins, des attentes. Le courant passe bien avec toute l’équipe et aussi avec le pdg [ndlr : Jean-Luc Errant] qui est fort sympathique et visionnaire.
Un petit mot pour définir le projet ?
« Enfin un projet cohérent, qui a du sens ! » … « Une belle rencontre avec des gens professionnels, qui écoutent, et qui donnent ».

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